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Atelier de master : l’écriture d’une utopie

Les étudiante·s du master de Création littéraire de CY Cergy Paris Université ont participé à un atelier d’écriture d’utopies littéraires, au cours du second semestre de leur formation (M1). Entamé en présentiel, l’atelier a dû se poursuivre à distance en raison du confinement sanitaire. Il a donné lieu à un partenariat avec les étudiant·e·s de l’École Estienne dont nous présentons ici les travaux.

L’atelier d’écriture de l’utopie, mené sur un semestre complet, a d’abord pour objet de mettre à l’épreuve des écritures personnelles le cadre défini d’un genre littéraire, comme pôle d’aimantation et espace de jeu littéraire. La question de la saisie d’un cadre générique pour écrire est souvent soulevée dans les projets de création. Cet atelier permet de comprendre par la pratique à quoi peut servir la distinction des genres, non en opération de réception, mais pour déployer un projet de production personnelle.
Des éléments d’histoire littéraire et des lectures d’oeuvres :
Parti·e·s d’une lecture intégrale de l’épisode de "l’abbaye de Thélème", aux derniers chapitres du Gargantua de Rabelais, les étudiant·e·s ont été conduite·s à identifier dans l’utopie littéraire un genre bien établi dont la tradition remonte à Thomas More et qui a produit également des oeuvres importantes du patrimoine français. Un panel de textes d’appui a alimenté cette connaissance du genre et permis de soulever une aporie initiale : l’utopie littéraire a subi une inflexion majeure à l’issue de la perte des grandes idéologies du XXe siècle. Est-il encore possible aujourd’hui d’écrire une utopie ? Peut-on en particulier éviter la dystopie ou la contre-utopie ? (cf. les ouvrages de Jean Servier ou de Micheline Hugues). Les exemples de fictions utopiques contemporaines recueillis en commun permettent de mesurer les frontières du genre et également la diversité des réalisations artistiques (romans, BD, films, séries, mais aussi projets d’architectes...).
Les valeurs en jeu :
Écrire une utopie, c’est aussi prendre au sérieux l’idée que l’on écrit pour défendre certaines valeurs. La sollicitation initiale oblige donc chacun·e à affronter cette idée, en rassemblant éventuellement des documents pour conforter les options choisies. L’atelier guide cette mise au clair des idées en prêtant une attention particulière aux premiers canevas. C’est l’occasion de soulever des questions essentielles à l’utopie littéraire comme celles de l’organisation collective, du travail, de l’éducation... Le passage par la fiction demande à trouver des moyens narratifs qui se passent de l’argumentation critique tout en sollicitant l’interprétation du lecteur.
Le travail du texte :
Les conditions particulières du confinement sanitaire ont obligé à revoir les étapes d’organisation des retours sur les textes et de construction progressive des projets (notes d’intention, canevas constitués en Pecha Kucha, rédaction de nouvelles, déploiement progressif guidé par les retours collégiaux, étayage réflexif par documentation et journal de création...), jusqu’à la performance scénique initialement prévue dans le cadre du festival des écritures créatives (partenariat Points Communs). Les retours sur les chantiers en cours ont cependant pu avoir lieu grâce à la circulation des textes en ligne. Ils ont été guidés avec différentes focales, de l’organisation générale des idées au grain fin de la langue. A noter la difficulté particulière d’atteinte d’un équilibre entre immobilisme de la description et nécessaire dynamique narrative imposant des personnages (nombreux, forcément) et des événements (à faire attendre et faire interpréter en retro-lecture) – équilibre que l’on peut synthétiser comme une tension dans un moment arrêté.

Partenariat  :
Les étudiant·e·s de l’École Estienne, sous la conduite de Sterenn Bourgeois et Laurence Bedoin, ont conçu des présentations des utopies rédigées par les étudiant·e·s de CY Cergy Paris Université. Leurs travaux peuvent être consultés à cette adresse : http://www.ecole-estienne.paris/travaux/utopies-creatives/.

Échos d’ailleurs :
L’université de L’île Maurice participe également au projet. Les étudiant·e·s de Sonia Dosoruth ont en effet rédigé à leur tour des utopies et des échanges ont lieu entre les étudiant·e·s des deux universités.

Éléments pour la recherche :
Un questionnaire a été distribué en bilan. Les réponses, ainsi que les différents textes postés, peuvent être librement utilisés dans une perspective de recherche. Il suffit de préciser l’appartenance des données au site episte.fr.

Les productions :











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