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Ecrire avec... projet d’écriture collaborative en ligne

Écrire avec deux extraits d’Anima (2012) de Wajdi Mouawad
Exercice d’écriture collaborative en ligne (FRAMAPAD)

© Adèle Godefroy

Contexte : dans le cadre du cours « Langues et langages artistiques » du DU « Ecriture créative et métiers de la rédaction » (Université Cergy-Pontoise). Encadrés par Adèle Godefroy, quinze étudiants sont invités à s’imprégner du travail d’écriture de Wajdi Mouawad.
L’objectif est d’entendre et de faire entendre un personnage en mouvement (extrait 1) ou immobile (extrait 2) par le biais d’un narrateur animal qui s’en approche. Il s’agit moins d’ « écrire à partir de… » qu’ « écrire avec » un cadre de départ (espace, temps, personnage), et de se l’approprier.

Démarche d’écriture :
Etape 1 : « Dans ces deux pages consécutives d’Anima (2012), Wajdi Mouawad fait entrer en scène son personnage par le biais du regard d’un animal. Choisissez un extrait : à partir de la situation telle qu’elle est précisément exposée, décrivez à votre tour le personnage en inventant un autre point de vue. »
Etape 2 : Reprise de son texte à partir de quelques conseils d’écriture de l’enseignante. Orientations sur le rythme, le fait de réussir à suggérer, faire pressentir le caractère animal sans pour autant nommer, sur la fluidité syntaxique, l.es jeux de ponctuation suggestive, l’écriture du bruit ou encore la chute.
Etape 3 : Poursuite du texte créatif d’un collègue.

Outils : Wajdi Mouawad, Anima, Paris, Actes Sud, p.48 et p.49.
Framapad – éditeur de texte collaboratif en ligne (http://framapad.org/fr)

<--- TEXTES CRÉATIFS DES PARTICIPANTS
Ecrivains : Agathe Leclercq, Pascale Martineau, Jérôme Arnaud, Romain Viginier, Valérie Landon, Lydie Sulmona, Laure Boisier, Raphaël Tillet et Philippe Raimbault.

Impressions des participants :

« L’exercice est intéressant car il nous oblige à nous décentrer vraiment, à adopter un point de vue radicalement différent, qui ne passait pas seulement par un changement de registre. »

« Entrer dans les perceptions d’un animal n’est possible que par anthropomorphisme, mais c’est un déplacement de point de vue qui a été très productif dans les textes qu’on a écrits, et il y en a parmi nous qui ont réussi à rendre des effets d’étrangeté vraiment étonnants et réussis.  »

« Ecrire à la suite d’un autre est sans doute le plus difficile, car cela force à s’approprier d’abord sa vision ; la transformer et/ou la développer ensuite vient peu à peu et plus facilement.  »

« Observer un homme du point de vue d’un animal, curieusement je l’ai d’abord compris comme une tentative « musicale » de mettre en mots le corps d’un animal, ses sensations, son mouvement. Travail de rythmes et d’élagage pour ma part, la difficulté étant de ne pas en dire trop pour rester dans l’immédiateté tout en donnant suffisamment d’indices pour qu’on reconnaisse l’animal et qu’on le « voit » en mouvement. »

« Le point de vue d’un animal nous amène à prendre du recul sur la perception du monde comme nous le voyons ordinairement. C’est intéressant de pouvoir faire ceci dans une scène déjà créée par un autre, dans laquelle nous pouvons évoluer en toute liberté. Le cadre permet de se concentrer sur le ressenti du "je", de l’animal, et de jouer avec. Surtout, l’exercice de "suite" est plaisant, car il force à reprendre des éléments de langage d’une autre personne, ce qui est un peu contre nature, et force à modifier la première image qui nous vient à l’esprit pour la faire convenir à la vision déjà écrite par l’autre. »

« J’ai apprécié la souplesse de l’outil Framapad : les allers et retours sur la plateforme, à notre guise et le fait de suivre l’évolution des textes, de les retoucher... Se mettre "dans la peau de" (animal ou autre), change les perceptions, nous conduit à changer d’environnement et à s’y "insérer". Il induit une recherche de vocabulaire, d’une grammaire et d’une écriture différente. »

« J’ai trouvé l’exercice d’un abord difficile et ai lu plusieurs fois le texte proposé avant de me lancer. Comme si je devais me mettre en condition. Je me suis mise dans la peau d’une ourse. Je me suis passé des images d’ours dans la tête. Celle qui revenait, c’était l’ours levant le nez pour sentir, se hissant sur ses pattes arrière avant de retomber lourdement pour poursuivre son chemin. Je pense avoir tenté de l’imiter avant de me lancer dans l’écriture :) C’est pour cela sans doute que mon texte décrit beaucoup d’odeurs. D’une façon générale, j’ai ressenti la tentation d’humaniser la vision du monde que pouvaient avoir ces animaux. Comment pourrait-il en être autrement ? D’ailleurs, on dit bien la vision du monde pour nous humains. Ma « solution » pour ne pas trop être tentée a donc été d’aller davantage vers « l’odorat du monde » ou « l’ouïe du monde » qui, me semble-t-il, correspond davantage aux animaux. »

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